Couverture de MutafukazMutafukaz est une claque! Une grande baffe dans la figure! Ce premier album est tout bonnement génial. Les mots me manquent pour exprimer clairement ce que j'ai ressenti en lisant cette BD, mais je vais essayer de vous faire partager le plaisir d'une telle lecture.

Tout commence avec Angelino en livreur de pizza ? Dark Meat City (nouvelle Los Angeles en beaucoup plus grande et dangereuse). Alors qu'il tente de faire sa livraison dans les temps, son regard croise une beaut aguicheuse. Quelques secondes plus tard, il se retrouve ? plusieurs mètres des restes de son scooter, après avoir percut de plein fouet une estafette aux chevrons. Malgr le choc de l'accident et la perte de son job, Angelino rentre chez lui pour retrouver son pote Vinz. Angelino s'endort avec les squelles de son accident et la nuit s'écoule ainsi. Au réveil, son mal de crâne est tel, qu'il décide d'aller chez son doc. Il angoisse rien qu'à l'idée d'avoir une tumeur au cerveau, d'autant plus que sur le chemin il est victime d'étranges hallucinations sur les ombres de certains passants! Commence alors une aventure délirante.

Première planche de MutafukazBon jusque là, tout semble tout à fait normal, si ce n'est qu'il faut noter qu'Angelino dispose d'une grosse tête noire, faon boule de bowling avec deux grands yeux et Vinz a une tête de mort enflamée, juchée sur son cou, faon Ghost Rider ;) Rajoutez à cette singularité le fait qu'Angelino voue une passion démesurée pour la colonie de cafards qu'il nourrit affectueusement, des gangs en conflit perptuel, un contexte terroriste plus que jamais présent, des interrogations sur la vie extra-terrestre, vous obtenez un récit déjanté!

Bon d'accord, l'histoire paraît orginale, mais bon on a déjà vu la quatrième dimension, les X-Files, les Men in black, E.T., etc. Alors où se cache le génie de ce monument? Tout simplement dans la tête et les doigts de Run. Ce talentueux auteur ponctue ses dialogues de gouttes de Tabasco bien placées et diffuse une tonne de références en tous genre (cinma, sries TV, faits de société). Chaque détail semble ranimer une case de notre mémoire cinématographique ;)

Et comme si cela ne suffisait pas, le génie de Run se prolonge dans un traitement graphique hors paire. Le dessin est excellent et la mise en couleur de toute beauté. Les effets graphiques sont utilisés à merveille, comme le rêve (qui n'est d'ailleurs pas de Run mais de Chick et Semper-Fi), ou l'intervention de la section Z7 (en noir, blanc et rouge sur papier pais et mat), ou encore les coupures de journaux!

Bref, à vous procurer de toute urgence. En plus Ankama (l'diteur) a vraiment soigné l'ouvrage! Vivement la suite... L'attente va être longue...